Une augmentation au-delà de 10 400 MCS des débits d’eau sur la Voie maritime coûterait plus de 1 milliard de dollars à l’économie binationale

Le 26 juin 2019 – La Chambre de commerce maritime appuie la décision que le Conseil international du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent a rendue vendredi de maintenir à 10 400 mètres cubes par seconde (MCS) le débit du barrage Moses-Saunders.

Bruce Burrows de la Chambre de commerce maritime a déclaré ce qui suit : « Nous sommes conscients des dommages que les inondations ont causés aux propriétaires de maisons. Compte tenu du drame que vivent les riverains, le maintien de débits aussi élevés que 10 400 MCS représente le meilleur compromis qui soit pour donner un répit aux résidents habitant près du lac Ontario tout en assurant une navigation et un approvisionnement commerciaux sécuritaires pour les consommateurs nord-américains. La Voie maritime du Saint-Laurent représente une artère commerciale vitale pour les matières premières et les exportations mondiales des industries nord-américaines, comme les céréales, le secteur manufacturier, l’acier, la construction, les mines et l’énergie. »

En maintenant un débit de 10 400 MCS, il en résulte encore des coûts énormes pour l’économie, sans compter des pertes de revenus pour les entreprises de l’ordre de 3 à 4 millions de dollars (Can.) par jour en raison du délai que doivent subir les navires transitant par la Voie maritime.

Les opérateurs de navires de la Chambre respectent toutes les nouvelles limites de vitesse et les mesures d’atténuation additionnelles que la Voie maritime a élaborées pour assurer le respect des normes de sécurité les plus élevées afin de composer avec ces débits d’eau. Le groupe des opérations de la Chambre a reçu jusqu’à présent des commentaires positifs de la part des capitaines de navires qui considèrent l’état actuel des eaux comme étant sécuritaire.

Une augmentation des débits d’eau au-delà de 10 400 MCS aurait des répercussions bien plus graves sur le plan économique.  Dans le but de recueillir leurs commentaires, le Conseil a proposé aux intervenants différents scénarios qui entraîneraient des interruptions et des reprises du service ou une fermeture continue de la Voie maritime du Saint-Laurent à la navigation. Une analyse de la Chambre révèle que, selon le scénario, les entreprises devraient composer avec des pertes de revenus qu’on estime entre 1 et 1,75 milliard de dollars (Can.) pour l’économie canadienne et américaine.

« Une nouvelle augmentation du débit pour atteindre des niveaux non sécuritaires aurait pour effet d’interrompre la navigation sur la Voie maritime du Saint-Laurent et perturberait l’approvisionnement en denrées et en produits vitaux des industries et des municipalités.  Un tel phénomène entraînerait des torts graves à d’autres parties de l’économie en plus de mettre des emplois en péril, » de dire Burrows.

On ne pourra rattraper le temps perdu plus tard au cours de la saison.  On se retrouve ainsi aux prises avec une capacité de transport limitée.

Aux États-Unis, les scénarios d’activités intermittentes ou d’arrêt complet perturberaient, par exemple, les exportations de céréales en provenance des Dakotas, du Minnesota, de l’Ohio et de l’Indiana, ainsi que les exportations de minerai de fer du Minnesota à destination du Canada et de l’étranger, en plus de toucher les importations d’aluminium du Québec à destination d’Oswego (New York) et de Toledo qu’on utilise pour la fabrication d’automobiles et d’appareils électroménagers, les importations de matières premières servant à la production d’acier en Ohio et de composants d’éoliennes dans le cadre de projets réalisés au Minnesota.

Au Canada, une interruption de la navigation entraverait grandement les exportations de céréales des Prairies et de l’Ontario, ainsi que la livraison de fournitures destinées aux aciéries de partout en Ontario, l’approvisionnement en essence et en carburéacteur destinés à la région du Grand Toronto, ainsi que les cargaisons de matériaux de construction et de sel de voirie destinés aux différentes villes en Ontario et au Québec, pour n’en nommer que quelques exemples.

« Les scénarios d’activités intermittentes entraîneraient également une cascade de problèmes de congestion de la navigation dans les chenaux et les ports, ainsi que d’importants défis sur le plan de la sécurité, » selon Burrows.  « Nous n’avons encore jamais assisté à des débits d’eau atteignant 11 500 MCS, alors qu’on ignore si les navires sont même capables de jeter l’ancre en toute sécurité dans ces niveaux.  De même, on risque que les bouées servant à la navigation dérivent de leur position en raison de ces débits très élevés, ce qui compromettra leur fiabilité, ou elles pourraient possiblement obstruer le chenal maritime. Les impacts sur la sécurité de tels débits d’eau n’ont jamais fait l’objet d’aucune étude. »

Burrows ajoute : « On recommande, à compter de maintenant, d’étudier comme il se doit les niveaux d’eau et leurs causes et d’élaborer un plan de résilience en collaboration avec tous les intervenants. »

La Voie maritime représente un élément crucial du système de transport intégré qui permet d’acheminer les marchandises dans la région des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent où l’on dessert une population de 150 millions de résidents du Canada et des États-Unis. La Voie maritime contribue à la diversification des échanges à l’échelle internationale, alors que le trafic a connu une hausse de 17 % au cours des deux dernières années. Les activités portuaires dans la partie du passage où se situent les Grands Lacs et la Voie maritime du Saint-Laurent injectent 45 milliards de dollars (Can.) dans l’économie de la région et procurent 238 000 emplois au Canada et aux États-Unis.

NOTE À L’ÉDITEUR : Voyez le document d’information dans lequel on présente les différents scénarios, ainsi que des estimations des coûts économiques et des autres implications.

Vous pouvez télécharger les photos à l’adresse : https://www.flickr.com/photos/marinecommerce/albums/72157657049769546

 Au sujet de la Chambre de commerce maritime

La Chambre de commerce maritime est une association binationale qui représente au-delà de 130 intervenants de l’industrie maritime, incluant des expéditeurs canadiens et américains d’importance, des ports, des terminaux, ainsi que des fournisseurs de services maritimes et des propriétaires de navires canadiens et étrangers.La Chambre défend une politique et une réglementation sécuritaires, durables, harmonisées et concurrentielles qui reconnaissent les avantages considérables du système de transport maritime sur les Grands Lacs, sur le Saint-Laurent, ainsi que dans les régions côtières et arctiques.

Relations avec les médias :

Julia Fields

Chambre de commerce maritime

(613) 294-8515